Baclofène – Le succès du Pr Olivier Ameisen dans le traitement de l’alcoolisme et des dépendances

Cape – Jeudi 05 avril 2012 à 15h00

baclofene

Olivier Ameisen, alors Pr de médecine et de cardiologie à Weill Medical College of Cornell University et praticien hospitalier au New York Presbyterian Hospital, atteint lui même de cette maladie et réfractaire à tous les traitements disponibles, a eu l’intuition que cette maladie pouvait avoir une base neuro-biologique et que le craving en était la clé.

Il décide de s’administrer du baclofène à haute dose. A la dose de 270mg/jour il devient indifférent à l’alcool. A l’inverse de l’abstinence qui est liée à un effort pluriquotidien, Ameisen propose une suppression rapide, en seulement quelques jours, complète et sans effort de l’addiction à diverses substances. Il a vécu l’addiction, vit depuis dix ans le baclofène et prescrit depuis sept ans à ses propres malades des traitements personnalisés.
Sa découverte est publiée par la revue Alcohol and Alcoholism, puis Ameisen est publié par les revues JAMA, Lancet entre autres et ce comme sole Author. Le 6 mai 2011, Science, la revue scientifique internationale la plus prestigieuse avec Nature, consacre une pleine page à sa découverte, et à son livre à la fois dans sa version online et papier. The Guardian/The Observer titre : When an alcoholic doctor began experimenting with Baclofen, he made what could be the medical breakthrough of the century.

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Après avoir tenté sans succès d’alerter la communauté scientifique en publiant en 2004 son « self case report », afin que soient effectués des essais sur le baclofène, il écrit un livre grand public en anglais, «The End of my Addiction » (Farrar Straus and Giroux) et l’adaptera en français et écrira une version légèrement différente « Le dernier verre » (Denoël). Il est et ce depuis 2006 invité à donner des dizaines de conférences sur sa méthode de traitement par Harvard Medical School où la « méthode Ameisen » est utilisée, Rockefeller University pour n’en citer que deux. Dès 2008, State University of New York Downstate Medical Center lui confère ses titres actuels pour associer son nom avec celui de cette découverte.

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Témoignage d’un patient russe :

Vous m’avez indiqué la sortie du tunnel, Professeur.
Ça je ne l’oublierai jamais et si mon témoignage  peut aider un tout petit peu à donner plus d’écho au vôtre, j’en serai ravi…
Je ne fais du photojournalisme que de temps en temps, la photo plasticienne est ma vraie vocation.
J’étais tellement dans l’abîme que je ne créais plus.
Deux ans sans rien créé. Le trou noir.
J’ai lu votre portrait dans Libé, j’ai foncé acheter votre livre, je me suis enfermé dans mon atelier pendant deux jours. Je n’ai pas bu, je n’ai pas mangé, j’ai lu et relu votre livre.
Je me suis reconnu au fil des pages.
J’ai vu que vous donniez une conférence à l’hôpital Cochin.
J’ai foncé  pour vous y voir et vous entendre. Je vous ai écouté. Je vous ai observé. J’ai su que je pouvais vous faire confiance.
Je me suis donc précipité chez mon médecin qui depuis des années essayait, en vain, de m’aider à sortir de l’alcoolisme.
Je lui ai parlé du Baclofen. Il n’était pas vraiment au courant. Je lui ai dit: « je veux faire ce traitement sous ton contrôle. »
Il a accepté, s’est renseigné, a lu votre livre que je lui ai prêté et nous nous sommes lancés ensemble dans cette aventure.
Depuis le 24 janvier, je n’ai pas bu une goutte d’alcool. Ça ne me manque pas. Je me suis remis à créer et je serais ravi de vous accueillir dans mon atelier pour vous montrer ce que je fais.
J’ai maigri, je n’ai plus honte de moi, je me suis retrouvé. Je suis moi-même. Je suis plus moi-même que je ne l’ai jamais été.
Je me sens libre. 
J’ai compris que l’alcoolisme n’était pas une fatalité.
Bien à vous,

AV


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