Critères de la dépendance selon le DSM-IV

Association Psychiatrique Américaine

Mode d’utilisation inadapté d’une substance conduisant à un dysfonctionnement ou une souffrance cliniquement significatif, qui s’exprime par trois (ou plus) des manifestations suivantes, se produisant à n’importe quel moment d’une période de 12 mois consécutifs

1- Tolérance, définie par l’un des symptômes suivants :
(a) besoin de quantités nettement plus fortes de la substance pour obtenir une intoxication ou l’effet désiré.
(b) effet nettement diminué en cas d’utilisation continue d’une même quantité de la substance.
2- Sevrage caractérisé par l’une ou l’autre des manifestations suivantes

(a) syndrome de sevrage caractéristique de la substance.
(b) la même substance (ou une substance très proche) est prise pour soulager ou éviter les symptômes de sevrage.
3 – La substance est souvent prise en quantité plus importante ou pendant une période plus prolongée que prévu.
4 – Il y a un désir persistant, ou des efforts infructueux, pour diminuer ou contrôler l’utilisation de la substance.
5 – Une quantité de temps considérable est passée à des activités nécessaires pour obtenir la substance, pour l’utiliser, et pour récupérer de ses effets.
6 – Des activités sociales, professionnelles ou de loisirs importantes sont abandonnées ou réduites à cause de l’utilisation de la substance.
7 – L’utilisation de la substance est poursuivie bien que la personne sache avoir un problème physique ou psychologique persistant récurrent susceptible d’avoir été causé ou exacerbé par la substance (par exemple, poursuite de la consommation de boissons alcoolisées bien que le sujet reconnaisse l’aggravation d’un ulcère par l’alcool).

[DSM-IV, Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, ed. 4. Washington DC: American Psychiatric Association (AMA). 1994.] (traduction, O. Ameisen)

LA CLASSIFICATION INTERNATIONALE CIM-10 (OMS) UTILISE COMME PREMIER CRITERE:

– le désir impératif ou sensation de compulsion pour la prise de substance.

[OMS, Classification internationale des troubles mentaux et des troubles du comportement: descriptions cliniques et directives pour le diagnostic. Genève, Organisation Mondiale de la Santé. 1992.]

C’est ce symptôme que les anglo-saxons, et maintenant la littérature médicale française appellent le “craving”.